Yvette Varvoux Gobert résistante suivi de 36e bataillon chars combat.

HONNEUR A UNE RESISTANTE DE TOURS et VENDÔME:

Yvette Varvoux-Gobert .

Par Jean-Louis Choisel - ©2009.

Yvette GOBERT: photographie réalisée par jean-louis Choisel. oeuvre protégée.   1975-2017©. Ne pas reproduire.

Yvette gobert 1975

Château de Vaux à Esvres ou le mari d'Yvette André Varvoux  à été arrêté avec ses amis par la gestapo:

Coty chateau Vaux Esvres

Siège de la gestapo à Tours ou Yvette a été torturée:

gestapo-siège

Fort Hatry à Belfort:

Fort Hatry Belfort

Le mémorial des fusillés de Saint Symphorien avec la liste des noms:

fusillés de St Symphorien

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CLEMENT James Marc est un aviateur Canadien dont l'avion Lancaster à été abattu vers Vouvray  le 06 juin 1944. Arrêté par la gestapo le 24 juillet 1944, il fut fusillé le 09 septembre 1944.

Ces valeureux combattants furent victimes de la barbarie nazi.

Voici l'histoire de l'épouse d'André Varvoux-Gobert modeste femme que tout le monde pouvait rencontrer dans les rues de Tours lorsqu'elle faisait ses courses:


Cet après midi de vendredi 06 mars 2009 c'est l'enterrement de notre cousine Yvette Gobert. La veille de sa mort, le 03 mars 2009, mon épouse, née Gobert, cousine d'Yvette et moi sommes allés la voir au centre de soins aux Fontaines, à Tours. De part sa grave maladie Yvette avais énormément maigri et d'une faible voix entrecoupée de quintes de toux cette femme courageuse prenait la force de nous demander si j'allais mieux (j'ai eu un AVC fin 2008) .On voyait que notre visite faisait un grand plaisir à Yvette , comme à nous , comme à chacune de nos rencontre depuis de très nombreuses années. Avec Yvette et Henri Gobert , son second mari nous avons vécut des moments inoubliables tant dans leur maison de la rue Stéphane Pitard que dans d'autres lieux (Belfort, Fontenelle 90,ou j’étais conseiller municipal dans les années 60,Strasbourg, Ile d'Oléron, Saint Rémy, Saint Branchs...). Cette visite fut la dernière car dans la nuit, notre chère Yvette rendit l'âme à l'âge de 91 ans. Elle est enterrée, au côté d'Henri dans un cimetière à Tours Nord après la cérémonie à l'église Saint-François de Paule, à Tours. Son cher et estimable neveu Georges a été très dévoué pour sa tante.

Mais qui était notre cousine dans la résistance ? (bien avant son décès Yvette, parfois, nous faisait part de ses souvenirs qui, je le suppose, n'étaient pas complets. Je me souvient , entre autres, de cette journée du 08 mai 1989 à une exposition sur la résistance à La Haye Descartes et de celle de mars 2005 ou elle a fait visiter à sa cousine (mon épouse), nos petits enfants et moi, cette émouvante exposition, tenue à l'hôtel de ville de Tours, sur les camps de la mort. Ensuite nos petits fils, rue Stéphane Pitard, avaient dégusté le cake d'Yvette en admirant, dans le salon, le beau geai empaillé et les trophées du chien Mick) (photo).

Yvette Altenhoven est née le 22 septembre 1917 à Naveil (41). Elle fut gantière. Elle épousa, en 1934, André, Auguste Varvoux, dit Lucien, jardinier à Villiers-sur-Loir.Ils partirent habiter à Vendôme jusqu'en 1939. En 1942 ils entrent dans la résistance dans le département du Loir et Cher. Yvette sillonne la région à bicyclette comme agent de liaison. Le couple est dans les FTP (Francs-Tireurs et Partisans) , André Varvoux est lieutenant. Leurs actions contre les allemands furent nombreuses, notamment contre une usine de Vendôme, mais les arrestations aussi, c'est pour cette raison qu'en mai 1944 le couple part en Indre-et-Loire. Yvette Varvoux est toujours agent de liaison avec sa bicyclette et gardera un souvenir de la raideur de la côte du Crochu à Veigné 37.Elle est chargée de recruter des femmes agents de liaison et d'organiser des hôpitaux clandestins à Bléré, Cormery (hasard de la vie, son second mari et elle, après la guerre, aurons un magnifique jardin potager dans ce village bien d'habitant à Tours), Château-Renault et Lussault. Yvette passe au grade d'adjudant-chef et commande quelques dizaines de personnes.

Les réunions et la cache des armes ont lieu au château de Vaux, à Esvres en Indre et Loire. La propriété appartient à Roland Coty (1) fils du célèbre parfumeur François Coty connu mondialement. Hélas le réseau Marco Polo est dénoncé à la gestapo de Tours par l'épicier du village, Petitclair, et par le majordome de Roland Coty, Pahan Bang qui à trahi pour de l'argent et qui deviendra agent de la gestapo.(à la libération ces délateurs et traitres furent jugés au tribunal de Tours. A leur sortie ils furent lynchés par la foule et l'épicier Petitclair en mourut). La secrétaire intendante de Roland Coty, Clémence Jobineau, alias Hélène, née le 27 mai 1917 est arrêtée le dimanche 30 juillet 1944 et incarcérée à Tours et fera partie du convoi venant de Rennes à la Ville aux Dames 37, le 10 août 1944 pour Ravensbrück puis Genshagen via Belfort (1er septembre 1944) sous le matricule 62887. Elle sera rapatriée en avril 1945. Roland Coty à réussi à s'échapper à l'arrière du château de Vaux grâce à un gendarme, maréchal des logis de Cormery, mais il sera arrêté plus tard à Toulouse. Il est mort accidentellement en mars 1963.Le lieutenant « dit Lucien » André Auguste Varvoux est fusillé le 09 août 1944 avec 25 autres compagnons au camp d'aviation de Saint Symphorien (au nord de Tours) et leurs corps jetés sur place dans des trous d'obus ils ont reçu une balle dans la nuque), et Yvette, en cache dans le petit village de Coulommiers 41 près du château de Chenonceaux, est arrêtée par la gestapo le 03 août 1944 et transférée à Tours.

A Tours au 17 rue George Sand (à l'angle de la rue Victor Hugo), dans un haut immeuble bourgeois qui est le siège de cette sinistre gestapo.(photo choisel JL) c'est là que l'alsacienne dite Clara Knecht d'une cruauté et d'une barbarie sans bornes torturait les prisonnières et les prisonniers. C’est inimaginable ce que cette créature du mal a pu faire subir aux personnes qui avaient le grand malheur de tomber entre ses mains. Ongles arrachés,..., coups de nerf de bœuf que les suppliciés devaient embrasser avant que la "chienne" passe à sa vile action. Sa vraie identité est Elise, Claire Dubost née à Schittigheim, 68, en 1914, de nationalité française.

Yvette et ses compagnes ont subit les tortures jusqu'au 10 août 1944, date à la quelle elles ont été embarquées dans des wagons à bestiaux à la Ville aux Dames 37 dans un convoi (n° 1282) venant de Rennes. A la gare de Vierzon il y a eu un gros bombardement. Alors que les allemands couraient se cacher Yvette et ses amies sont resté enfermées dans leur wagon avec une jeune fille, Agnès de Nanteuil venant de Rennes blessée dans un bombardement. Elle agonisait (des asticots grouillaient sur son corps) et malgré les appels et les coups dans les portes du wagon pour prévenir les allemands, ceux ci n'ont pas ouvert ! A Paray le Monial, encore un bombardement. Les prisonnières, entassées comme des sardines frappent encore sur les portes du wagon. Les allemands se décident à poser le cadavre d'Agnès sur le quai et referment la porte. Il faut savoir que la nourriture et la boisson n'existaient pas et que les besoins se faisaient dans un récipient au fond du wagon. Atroce !

Le convoi arrive à Belfort au fort Hatry (photo). Le lendemain, le 1er septembre 1944 Yvette, sous le matricule 62905 repart (convoi 456 ?)pour arriver à Ravensbrück le 02 septembre 1944.( Plus tard une personne lui dira que c'est le numéro d'un mort) Là c'est pire que l'enfer.. Les pauvres femmes sont poussées brutalement hors du wagon avec les chiens aux trousses et doivent rester debout. La nuit elles dorment dehors sur le sol et se retrouvent couvertes de gelée blanche. Puis elles doivent se déshabiller. Le baraquement contient des lits superposés à trois étages. Vaut mieux être en haut sinon on reçoit les diarrhées des malades !

Le matin lever à 3 heures et dehors à attendre, puis travaux dans les champs ou au bois et les brimades et les coups et couché au froid à une heure du matin et les appels à n'importes quelles heures de la nuit et bien d'autres choses. Et de maigres repas infectes comme de l'eau avec un bout de betterave non lavée de sa terre ou des rognures avec des asticots,... (A lire : Les françaises à Ravensbrück-Gallimard)

Yvette à subit le supplice du rouleau. Un gros bloc de ciment qu'il fallait pousser de nombreuses heures épuisantes et certaines en mourraient. A Ravensbrück 132000 femmes et enfants furent incarcérés et plus de 92000 furent gazés, brulés, massacrés...

Yvette fut placée à Ludwigfeld pour travailler à la "chaine" dans une usine de V1 (usine AEG ?). Un vieux gardien qui avait fait la guerre de 1914-18 et don les fils avaient été tués durant la campagne de Russie, avait de la pitié pour Yvette et, en cachette dans un français sommaire, il lui "glissait" quelques mots d'espoir. Un jour, en cachette, il lui a donné une cuillère dont il avait affuté le manche comme un couteau. (Yvette l'avait encore en 2005 et plus tard). Cet instrument lui fut bien utile....Une autre fois Yvette fit comprendre au vieil homme qu'elle allait avoir 26 ans. Le lendemain ce brave gardien lui "passa" en cachette une pomme de terre avec la peau . Ce gardien lui avait réparé les "sandales" en bois (nommées sabots).

Puis Yvette est transportée à Sachsenhausen. Puis c'est la marche de la mort, à pieds, durant plus de 10 jours sur plus de 200 kilomètres. Des milliers de femmes sont dans cette marche et peu survivrons à cause de l’épuisement, de manque de nourriture et des exécutions. Celles qui tombaient en chemin étaient exécutées au pistolet Luger. C'est là que la cuillère-couteau du brave gardien à servi à Yvette qui nous a dit "Dans cette région les pissenlits étaient grands et, en cachette, j'en coupais des morceaux pour manger".

Puis les russes sont arrivés et ce fut la libération. Ces soldats furent compatissants pour ces femmes squelettiques et épuisées. Elles furent prises en charge par les anglais, puis par les américains. Yvette se trouve à Paris à l'hôtel Lutécia, puis à Vendôme le 16 mai 1945. Là des résistants l'ont hébergé durant plusieurs mois car elle n'avait plus rien (sa mère ne pouvait pas s'en occuper). Puis Yvette Varvoux à connue Henri Gobert de Tours un maquisard du groupe Conty-Freslon. Henri était surnommé "mitraillette" pour ses exploits lors des embuscades. Ils se marièrent. Elle à milité à l'Union des Femmes Françaises.

Distinctions d'Yvette Varvoux Gobert:

Croix du combattant volontaire de la résistance, Croix du combattant 1939-1945, Médaille militaire , Croix de guerre avec palme en 1977, Médaille des déportés et internés résistants, Chevalier de la Légion d'Honneur (1983), Officier de la Légion d'Honneur (2001).

Yvette Gobert était membre de l’Association des déportés et internés résistants et patriotes. et...